Bertrand Martinet

La femme, la terre et l'ancrage

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Alliance de la terre et la femme

De nombreuses civilisations avaient fait de la terre un objet de vénération et un lieu de culte. De nos jours elle est malheureusement plutôt devenue l’exutoire de nos excès !
La terre est source de création, elle donne naissance et elle nourrit. De même, la femme possède en son sein les mêmes attributs. La prise de conscience de ce lien, voire de ce sentiment profond, est un des piliers de l’équilibre féminin. Je parlerai de l’accordance, l’alliance de la terre et de la femme.

De ce lien à la terre découle en grande partie notre capacité à tous de ressentir, d’être à l’écoute et d’habiter sereinement notre corps physique et énergétique. L’ancrage à la terre est aussi synonyme de présence et d’assurance. Etre ancré, c’est aussi développer son intériorité et, par la même, sa créativité.

Il existe donc un parallèle systémique entre « être ancré à la terre » et « retrouver, conquérir ses terres intérieures ».

Le principe de « Hara »

Au Japon, d’une façon similaire, se reflète cette notion d’intériorité et d’ancrage dans ce qui est nommé le centre vital de l’Homme : le HARA. (Lire Karlfried Graf Dürckheim : HARA). Par exemple, pour les Japonais, l’attitude ventre rentré et poitrine en avant est le signe d’un déplacement du centre de gravité vers le haut. Cette attitude est contraire à l’ordre naturel et, de ce fait, l’équilibre physique, énergétique et émotionnel oscille entre tension et relâchement en lieu et place d’être stable.

On retrouve, par ailleurs, ce principe de « Hara » dans quasiment la pratique de tous les sports (lancer, escrime, tennis, danse, Qi gong…) ou le sportif, l’adepte s’appui sur ce centre vital (au cours de sa discipline) qui lui-même repose sur le… ! Eh oui, le périnée !

Le périnée, point d'ancrage

Le périnée devient alors un point d’ancrage physique, énergétique et émotionnel. En incluant le fait que la cavité pelvienne de la femme porte les empreintes du rapport à sa féminité, il est légitime de comparer le périnée à un véritable « joyau intérieur ».

En revanche, le mental rationnel, la rigueur de notre éducation intellectuelle, notre obsession du «  faire » au détriment de « l’être » ont contribué à détruire partiellement ou totalement notre ancrage et donc nos racines. La conscience de notre « hara » s’est étiolée au fil des siècles…Et, en parallèle, la conscience du périnée a été rangée dans le placard aux oubliettes avec souvent la triste étiquette de «  honte ».

En conclusion à ce bref épilogue sur l’ancrage et le centre vital :
« En développant son ancrage à la terre, et en épousant les énergies de son ventre, la femme comme la terre devient ronde (de façon symbolique), féconde et créative ».